vendredi, 14 décembre 2007

Torture

Un débat sur les méthodes d’interrogation des suspects par la CIA s’est ouvert dernièrement aux États-Unis.

On s’interroge sur l’opportunité d’étendre à cette agence gouvernementale de renseignement les règles applicables à l’armée et en particulier les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre.

S’agissant de l’abandon ou du maintien des interrogatoires musclés, deux types d’arguments s’opposent :

  • Nécessité fait foi, pour les uns : Limitons au maximum le nombre de victimes / sauvons un maximum de vie et de temps. Optimisons le renseignement. Tant pis pour la procédure garante des droits de l’homme. Tant pis pour ceux accusés à tort, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
  • Nos principes avant tout, pour les autres. C’est par eux, que nous distinguons l’État de droit de la dictature, par la primauté accordée au respect de l’individu. Mener des simulacres d’exécution, soumettre un accusé à des privations de sommeil ou de nourriture, à des pressions psychologiques, à du bruit répétitif, à de la lumière intense, n’est ce pas adopter des méthodes barbares et perdre ainsi notre légitimité ?

Comme souvent, la réponse me semble résider dans le principe de proportionnalité. Suit donc l’inévitable liste de questions ?

Qui l’État doit-il protéger en premier ? Le faible. Qui est le faible ? Le citoyen honnête et sans histoire ou l’accusé ?

Comment distinguer les dommages strictement nécessaires à l’obtention rapide d’informations essentielles pour la sûreté du pays du sadisme du tortionnaire ?

Si la guerre ou le terrorisme justifient les régimes d’exception, essayons tout de même d’entraver le moins possible la vie normale.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7138144.stm