mardi, 16 octobre 2007

FRANCE TELECOM

FRANCE TELECOM s’est une nouvelle fois fait condamner par le conseil de la concurrence. L’opérateur historique devra verser 45 millions d’euros pour avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles à savoir notamment :

d’avoir abusé de sa position dominante sur la boucle locale téléphonique pour favoriser la commercialisation des services d’accès à Internet par l’ADSL de sa filiale Wanadoo en mettant à la disposition des FAI alternatifs (et de leurs distributeurs) des informations relatives à l’éligibilité des lignes à l’ADSL moins actualisées et moins précises que celles dont disposaient les agents commerciaux de France Télécom pour la commercialisation des packs Wanadoo ainsi qu’en ne mettant pas en place un système de commande d’une ligne ADSL aussi direct et rapide que celui dont disposait les agents commerciaux de France Télécom pour la commercialisation des packs Wanadoo.

d’avoir abusé de sa position dominante sur le marché de la boucle locale, lui conférant une place singulière d’interlocuteur référent, pour avoir invité ses agents commerciaux à dénigrer les FAI concurrents de sa filiale Wanadoo par la mise en place d’un contre-argumentaire véhiculé sur une application (AMERIC) de l’Intranet de l’entreprise.

Précision, FRANCE TELECOM est un multi récidiviste. Le total des condamnations prononcées à son encontre pour infractions diverses au droit de la concurrence se monte à plus de 470 millions d’euros.

J’aimerais profiter de cette occasion pour rappeler cette évidence : si de telles pratiques de discrimination ont pu être sanctionnées, ce n’est pas par la volonté de l’État actionnaire, mais bien sur le fondement du traité de Rome.

Conclusion en langage vernaculaire : Si aujourd’hui nous disposons de nombreuses offres compétitives émanant d’opérateurs différents sur le marché de l’ADSL, et ce malgré les multiples efforts de FRANCE TELECOM pour se réserver l’entier gâteau, c’est grâce aux acquis européens.

Manifestement, cela a dû échapper aux électeurs lorsqu’ils se sont prononcés par referendum sur le projet de constitution européenne.

http://www.conseil-concurrence.fr/pdf/avis/07d33.pdf

dimanche, 16 septembre 2007

BCE vs populisme

La gestion de la crise financière de cet été par la BCE n'en finit plus de susciter des commentaires. 

Selon notre président "on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs " (On est un con c'est bien connu).

Cette déclaration fracassante a peut-être reçu un très bon accueil ici bas à l'heure de l'apéro, mais a laissé sceptique (c'est peu dire) les plus avertis et nos partenaires européens.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09/sa... 

Comme tout sujet sérieux, la monnaie mérite mieux que des gesticulations.

Dans le cas présent, injecter des liquidités dans le système financier a permis aux banques d'assumer leurs engagements et d'éviter ainsi la panique et les retraits irraisonnés des clients.

Précision encore, ces prêts à très court terme ont été remboursés par les établissements de crédit...

19:47 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe

dimanche, 02 septembre 2007

La peur

Vu une affiche l’autre jour, sur laquelle s’étalait le slogan suivant : Cocu aujourd’hui, Clodo demain, non au mini traité européen.

La formule cogne et se révèle efficace. Aujourd’hui, de même que l’euro rime avec inflation, le bas peuple associe l’Europe au chômage, aux quotas et aux friches industrielles.

Oublie-t-il les fonds d’intervention ? Ne mesure-t-il pas l’avantage de présenter un front uni lors des négociations à l’OMC ? Ne se réjouit-il pas de ce vent de paix qui souffle désormais sur nos plaines ?

L’inventeur de ce slogan balaye d’un geste tous les acquis européens et joue une partition bien connue : celle de la peur.

La peur, le plus puissant des sentiments humains, assure la primauté du réflexe sur la réflexion.

La peur du déclassement et le repli sur soi sont instrumentalisés ici par un groupuscule nationaliste dont le nom m’échappe déjà.

Malheureusement, ce groupuscule n’est pas le seul à y recourir. Notre cher gouvernement ne manque pas de l’exploiter pour assurer sa reconduction au pouvoir.

Le gouvernement s’affiche de plus en plus auprès du peuple comme son dernier rempart et n’hésite pas à proposer de relever les barrières douanières ou à s’opposer bruyamment à l’indépendance de la BCE. C ’est oublier que le protectionnisme mène généralement à la guerre.

S’il paraît plus rentable électoralement d’accabler Bruxelles que de justifier des réformes structurelles, il faudrait toutefois faire preuve d’un peu de courage et refuser d’entonner les refrains populistes.

21:10 Publié dans peur | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Europe