mardi, 05 août 2008
Question de limites
Au soutien des Siné, Dieudonné, Soral, Faurisson, Garaudy et consorts, il est souvent invoqué la liberté d’expression.
À entendre ces belles âmes éprises de liberté, il serait « permis d’aborder tous les sujets, et même de caricaturer l’Islam, mais interdit de toucher aux Juifs, à la shoah ou à Israël… »
Ne leur en déplaise, l’État dispose d’une palette d’instruments très large permettant d’interdire et de sanctionner les discours jugés néfastes à l’ordre public, la santé publique, ou à d’autres motifs d’intérêt général.
Ainsi, rappelons brièvement que
- le droit de la publicité pose de très nombreuses interdictions, et notamment celles de la publicité trompeuse ou de nature à induire en erreur, tout comme celle pour le tabac.
- la provocation à s’armer illégalement, la provocation au suicide ou à l’usage de stupéfiants sont sévèrement réprimées
- sont également sanctionnés la diffamation, les injures, l’outrage, les menaces…
Bref, la provocation à la haine raciale ou l’apologie ou la constestation de crimes contre l’humanité ne constituent que trois illustrations, parmi bien d’autres, de discours interdits par l’État, dont la mission première est de préserver l’ordre public.
Concluons sur cette interrogation très lucide de Bernard-Henri Lévy (tribune parue au Monde daté du 22 juillet 2008) "Et si cette volonté de rire de tout et de tous, tranquillement, sans entrave, exprimait juste la nostalgie du bon temps de la blague à l'ancienne, bien grasse, bien salace, quand personne ne venait vous chercher noise si l'envie vous prenait de vous lâcher contre les "ratons", les "youpins", les "pédés", les femmes ?"
21:33 Publié dans droit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : siné, dieudonné, alain soral, faurisson, garaudy, liberté d'expression
jeudi, 27 septembre 2007
Les origines du SIDA
L’archevêque de Maputo (Mozambique), Francisco Chimoio, s’est distingué récemment en affirmant, s’agissant du SIDA, que les préservatifs ne constituaient pas un moyen de protection approprié.
Selon lui, deux pays européens inoculeraient volontairement le virus par ce biais. Le but poursuivi étant bien sûr « d’en finir avec l’Afrique » et de reprendre la colonisation.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7014335.stm
Il rejoint en cela les accusations portées par la Lybie contre les infirmières bulgares. Là encore, de méchants européens inoculaient le virus dans l’immonde dessein de soumettre ce pays et de faire main basse sur ses ressources. En payant rubis sur ongle une rançon de plus de 400 millions d’euros, les pays occidentaux ont commis une erreur fondamentale. Aux yeux d’une populace prête à gober n'importe quoi, ils ont reconnu leur culpabilité.
Ces propos ahurissants sont également à rapprocher des élucubrations du sinistre clown Dieudonné qui s’interrogeait (sur le plateau d'Ardisson) sur les origines de cette maladie, en maniant avec plus ou moins de bonheur, un langage lourd de sous-entendus.
Cerise sur le gâteau, les suprématistes blancs accusent les noirs d'avoir donné naissance au virus en copulant avec des singes.
Finalement, la dialectique extrémiste est assez aisée, elle consiste en permanence à faire porter la faute originelle sur l'autre, cet ennemi juré.
21:15 Publié dans peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SIDA, Dieudonné

