dimanche, 11 mai 2008
La chute
A quand la chute du gouvernement de Fouad Siniora ?
Les techniques mélées d'initimidations, de passage à l'acte et de fait acquis du Hezbollah portent leurs fruits.
En préférant un retour (provisoire) au calme à Beyrouth, et au prétexte de préserver l'unité du pays, l'armée libanaise a décidé de ne pas exécuter les ordres du gouvernement et accepté de céder à toutes les exigences du Hezb:
- maintien de leur réseau téléphonique
- retour du responsable de la securité de l'aéroport international, le Brigadier-General Wafiq Shqeir, évincé la semaine dernière.
A noter que Future Station, la télé de Saad Hariri a cessé d'émettre... Petit bonus au passage.
En d'autres termes, par lâcheté ou par impuissance, l'État a capitulé.
08:15 Publié dans international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, hezbollah, fouad siniora, 14 mars
vendredi, 09 mai 2008
La résistible ascension d’Hassan Nasrallah
Prenez un individu, bon orateur, mégalomane, fanatique, et surtout sans états d’âme.
Dotez-le d’armes sophistiquées, d’une rhétorique à toute épreuve et d’une foi inébranlable. Offrez-lui un appui logistique solide et vous obtiendrez… le prochain dirigeant du Liban.
Ce qui est fascinant (je devrais dire fascisant) dans « la résistible ascension d’Hassan Nasrallah », c’est la faiblesse de l’État en regard.
Pourtant, les coups de boutoir portés contre le 14 mars sont nombreux :
- pression politique (déclenchement d’une guerre en 2006 sans en référer au gouvernement, sortie du gouvernement fin 2006, impossibilité de nommer un président succédant à Émile Lahoud)
- pression dans la rue : climat d’assassinats permanents dont ceux de Pierre Gemayel (dirigeant des phalanges), de François El-Hadj (général), de Samir Kassir (journaliste)…sans qu’on sache avec certitude à qui les imputer. Investissement (de gré ou de forces) de certains quartiers (Koreitem) ou de certains territoires (nord du Litani)
L’action de ce preneur d’otages (au propre comme au figuré) consiste aujourd’hui à neutraliser l’État, à le réduire à la passivité, à conduire l’État à porter des coups toujours trop faibles, toujours trop tard afin de pousser son avantage.
Le limogeage du responsable de la sécurité de l’aéroport international, soupçonné d’accointances avec le Hezb et la tentative du gouvernement de s’approprier le réseau de télécommunication privé du Hezb, ont été interprétés par ce dernier comme une déclaration de guerre.
Les liens avec Damas s’étant un peu rafraichis depuis la disparition d’Imad Mughniyeh, le Hezb s’est replié pour ses opérations d’approvisionnement sur l’aéroport de Beyrouth. Doutons qu’Hassan Nasrallah consente de sitôt à lâcher pareille infrastructure. Toujours soucieux de faciliter les choses, le Hezb a menacé de mort tout militaire qui aurait à charge la sécurité de l’aéroport…
A défaut de l’apprécier, concédons tout de même qu’Hassan Nasrallah est un excellent stratège.
21:44 Publié dans international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, liban, hassan nasrallah, hezbollah, 14 mars
mercredi, 23 avril 2008
911 - déclaration d'al quaida
Al quaida obligé de réaffirmer sa paternité des attentats du 11 septembre, extraordinaire ! Non ?
http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7361414.stm
Amusant (s’il n’y avait eu tous ces morts) pour qui se souvient des efforts de certains acteurs en Iran, en Syrie, en Égypte et plus généralement dans le monde arabe pour instiller le doute.
Petit recensement des théories fumeuses qui foisonnent au sujet de l’écroulement des tours du WTC (et dont Marion Cotillard se dit accro) :
- certains affirment mordicus que les attentats n’ont pas eu lieu.
Observation : La sagesse populaire recommande de couper la poire en deux. Allons-y ! Une seule tour s’est écroulée, l’autre c’était du flan. Je précise pour les illettrés que la locution « c’était du flan » ne signifie pas que les tours étaient bâties de lait, d’œufs et de farine, (mais on vous cache peut-être un élément architectural essentiel, qui expliquerait bien des choses…).
- d'autres les imputent à la CIA, au mossad ou à un insaisissable lobby militaro-industriel
Pourquoi pas le lobby vert ? Le trafic aérien n'a-t-il pas été réduit suite aux attentats ?
- d’autres encore s’étonnent du « faible » nombre de morts (environ 3 000).
Combien en aurait-il fallu pour qu'ils s'en "satisfassent"?
Variante : Les Syriens et les Égyptiens se sont les premiers étonnés du faible nombre de Juifs dans les tours. Les ont-ils dénombrés ? Le critère utilisé était-il fiable ?
Observation : Le bilan est plus lourd que la guerre du Liban dont on nous a rebattu les oreilles en 2006, photos noircies à l’appui (merci REUTERS) et pour lesquelles les grands mots de génocide et de crimes de guerre ont été abondamment employés.
- la durée de résistance des tours donne aussi lieu à débat.
Qu’il s’agisse d’affirmer que cette durée était très courte ou au contraire largement suffisante pour évacuer les immeubles, « les théories » vont bon train. Naïf, j'imagine que ces théories sont le plus souvent relayées par de brillants physiciens...
Bref, voir al quaida s’en prendre au président iranien me réjouit beaucoup.
Et je me réjouis d’avance de voir mes stats exploser… même si le public auquel je m’adresse cette fois-ci est plutôt à pleurer…
22:10 Publié dans au nom de Dieu, international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 911, 11 septembre, wtc, complot
mercredi, 13 février 2008
L'actualité heureuse
Si d'ordinaire, les civilisés évitent de se réjouir de la disparition de leurs ennemis (au contraire d'autres qui manifestent bruyamment leur enthousiasme), savourons tout de même celle d'Imad Mughniyeh.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7242383.stm
Comme d'habitude, la Syrie se distingue par la qualité de ses hôtes... (Aloïs Brunner, Carlos, Khaled Meshaal... la liste est longue)
La Litani (astuce vaseuse, j'en conviens) de menaces lancées par Hassan Nasrallah démontre tout de même que le coup a porté. Tant mieux.
20:45 Publié dans international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Imad Mughniyeh, Syrie, Hezbollah
vendredi, 26 octobre 2007
Otage
Intéressant récit d’Alan Johnston, le journaliste de la BBC séquestré pendant plus de trois mois à Gaza. Emouvant aussi.
Couché sur papier, son calvaire regorge de ces petits détails impossibles à inventer. Il y ajoute une réflexion très britannique sur la manière la plus appropriée de faire face à l’adversité.
Ne vous y trompez pas, il n’adresse aucun reproche à l’encontre de son gouvernement, la Grande Bretagne qui évite de reproduire les erreurs françaises en la matière.
Point de rançon, point de libération anticipée de tel ou tel terroriste, pour sauver un citoyen pris dans la nasse (qu’elle soit irakienne, libanaise ou gazaouite).
Toute contrepartie s’assimilerait à une récompense, à un encouragement à poursuivre.
En cas d’impossibilité de mener à bien une incursion en territoire ennemi, le maintien de l’ordre public ne commande-t-il pas de sacrifier celui qui s’y est aventuré ? Au moins dissuadera-t-il les « con-citoyens » de l’imiter.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/from_our_own_corres...
21:55 Publié dans au nom de Dieu, international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alan Johnston, gaza
vendredi, 19 octobre 2007
Bien dit Tony
Blair a bien résumé l’esprit qui prévaut chez certains d’entre nous et qui consiste à croire que tout irait pour le mieux avec l’Iran si seulement nous fermions les yeux sur leurs diverses activités (recherche nucléaire, déstabilisation régionale…)
“There is a tendency even now, even in some of our own circles, to believe that they are as they are because we have provoked them and if we left them alone they would leave us alone."
"I fear this is mistaken. They have no intention of leaving us alone."
A maintes reprises, les tenants de la politique de l’autruche ont tenté de nous convaincre. Vivons à l’écart, disent-ils en substance, et nous serons préservés des turbulences de ce monde.
C’est oublier que le régime iranien a besoin de se confronter à notre modèle, à nos valeurs, à nos libertés et à notre mode de vie pour conforter sa propre assise. Ce régime se définit, entre autres, par opposition au nôtre. Afin de maintenir son aura chez des nationalistes, et plus généralement dans le monde arabe, il cherchera toujours querelle pour un motif ou pour un autre et ce quelles que soient nos concessions ou compromissions.
Dans cette mesure, regarder ailleurs et laisser faire n’améliorera pas les choses. Plus nous tarderons à en prendre conscience et plus le réveil sera douloureux.
20:10 Publié dans international, peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blair, Iran, Ahmadinejad
jeudi, 04 octobre 2007
Consanguinité
« Les sociétés sont mortelles par la consanguinité pas par la main tendue. »
Généreux, Nicolas Sarkozy s’exprimait-il ainsi sur l’immigration ? Rejetait-il enfin les idées malsaines du député du Vaucluse, Mariani, sur les utilisations possibles de la génétique ?
Eh bien ! Qu’allez-vous diable chercher là ? Il s’agissait simplement de défendre le gouvernement d’ouverture…
21:55 Publié dans peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Immigration, ADN, Sarkozy
jeudi, 27 septembre 2007
Les origines du SIDA
L’archevêque de Maputo (Mozambique), Francisco Chimoio, s’est distingué récemment en affirmant, s’agissant du SIDA, que les préservatifs ne constituaient pas un moyen de protection approprié.
Selon lui, deux pays européens inoculeraient volontairement le virus par ce biais. Le but poursuivi étant bien sûr « d’en finir avec l’Afrique » et de reprendre la colonisation.
http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7014335.stm
Il rejoint en cela les accusations portées par la Lybie contre les infirmières bulgares. Là encore, de méchants européens inoculaient le virus dans l’immonde dessein de soumettre ce pays et de faire main basse sur ses ressources. En payant rubis sur ongle une rançon de plus de 400 millions d’euros, les pays occidentaux ont commis une erreur fondamentale. Aux yeux d’une populace prête à gober n'importe quoi, ils ont reconnu leur culpabilité.
Ces propos ahurissants sont également à rapprocher des élucubrations du sinistre clown Dieudonné qui s’interrogeait (sur le plateau d'Ardisson) sur les origines de cette maladie, en maniant avec plus ou moins de bonheur, un langage lourd de sous-entendus.
Cerise sur le gâteau, les suprématistes blancs accusent les noirs d'avoir donné naissance au virus en copulant avec des singes.
Finalement, la dialectique extrémiste est assez aisée, elle consiste en permanence à faire porter la faute originelle sur l'autre, cet ennemi juré.
21:15 Publié dans peur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SIDA, Dieudonné
dimanche, 02 septembre 2007
La peur
Vu une affiche l’autre jour, sur laquelle s’étalait le slogan suivant : Cocu aujourd’hui, Clodo demain, non au mini traité européen.
La formule cogne et se révèle efficace. Aujourd’hui, de même que l’euro rime avec inflation, le bas peuple associe l’Europe au chômage, aux quotas et aux friches industrielles.
Oublie-t-il les fonds d’intervention ? Ne mesure-t-il pas l’avantage de présenter un front uni lors des négociations à l’OMC ? Ne se réjouit-il pas de ce vent de paix qui souffle désormais sur nos plaines ?
L’inventeur de ce slogan balaye d’un geste tous les acquis européens et joue une partition bien connue : celle de la peur.
La peur, le plus puissant des sentiments humains, assure la primauté du réflexe sur la réflexion.
La peur du déclassement et le repli sur soi sont instrumentalisés ici par un groupuscule nationaliste dont le nom m’échappe déjà.
Malheureusement, ce groupuscule n’est pas le seul à y recourir. Notre cher gouvernement ne manque pas de l’exploiter pour assurer sa reconduction au pouvoir.
Le gouvernement s’affiche de plus en plus auprès du peuple comme son dernier rempart et n’hésite pas à proposer de relever les barrières douanières ou à s’opposer bruyamment à l’indépendance de la BCE. C ’est oublier que le protectionnisme mène généralement à la guerre.
S’il paraît plus rentable électoralement d’accabler Bruxelles que de justifier des réformes structurelles, il faudrait toutefois faire preuve d’un peu de courage et refuser d’entonner les refrains populistes.
21:10 Publié dans peur | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Europe

