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jeudi, 27 septembre 2007

Les origines du SIDA

L’archevêque de Maputo (Mozambique), Francisco Chimoio, s’est distingué récemment en affirmant, s’agissant du SIDA, que les préservatifs ne constituaient pas un moyen de protection approprié.

Selon lui, deux pays européens inoculeraient volontairement le virus par ce biais. Le but poursuivi étant bien sûr « d’en finir avec l’Afrique » et de reprendre la colonisation.

 http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7014335.stm

Il rejoint en cela les accusations portées par la Lybie contre les infirmières bulgares. Là encore, de méchants européens inoculaient le virus dans l’immonde dessein de soumettre ce pays et de faire main basse sur ses ressources. En payant rubis sur ongle une rançon de plus de 400 millions d’euros, les pays occidentaux ont commis une erreur fondamentale. Aux yeux d’une populace prête à gober n'importe quoi, ils ont reconnu leur culpabilité.

 

Ces propos ahurissants sont également à rapprocher des élucubrations du sinistre clown Dieudonné qui s’interrogeait (sur le plateau d'Ardisson) sur les origines de cette maladie, en maniant avec plus ou moins de bonheur, un langage lourd de sous-entendus.

 

Cerise sur le gâteau, les suprématistes blancs accusent les noirs d'avoir donné naissance au virus en copulant avec des singes.

 

Finalement, la dialectique extrémiste est assez aisée, elle consiste en permanence à faire porter la faute originelle sur l'autre, cet ennemi juré.

mercredi, 19 septembre 2007

Entité hostile

Israël considère officiellement la bande de Gaza comme une entité hostile.

 

http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7002576.stm

 

Au-delà du changement sémantique, cette mesure permet à Israël de cesser d’approvisionner la bande de Gaza en électricité ou en pétrole…

 

On touche là une des singularités de ce conflit : Israël livre du carburant, fournit l’électricité, collecte les impôts et approvisionne ses ennemis en médicaments.

 

A-t-on vu d’autres guerres où sous les roquettes ennemies, les belligérants se ravitaillent l’un l’autre ? En 1914-1918, la France se souciait-t-elle de fournir l’Allemagne en charbon ?

 

D’ordinaire, les unes des journaux relatent largement les attentats ou des enlèvements commis par les groupes palestiniens ou s’étendent sur les opérations militaires menées par Tsahal. Assaisonnant le tout, selon les journaux et les rédacteurs, à une sauce larmoyante pas toujours très légère.

 

Cette particularité là a été passée sous silence, tant le public a besoin d’idées manichéennes et redoute les faits qui pourraient brouiller sa perception simpliste.

 

Reste à s’interroger sur l’efficacité d’une telle mesure.

 

En un sens, en forçant les palestiniens à s’approvisionner ailleurs, cette mesure contribue à leur indépendance. De même que la fin des permis de travail ou la création du mur / de la barrière de sécurité participent au processus de séparation.

 

Pas sûr que les défenseurs autoproclamés de la cause palestinienne s'en aperçoivent...

dimanche, 16 septembre 2007

BCE vs populisme

La gestion de la crise financière de cet été par la BCE n'en finit plus de susciter des commentaires. 

Selon notre président "on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs " (On est un con c'est bien connu).

Cette déclaration fracassante a peut-être reçu un très bon accueil ici bas à l'heure de l'apéro, mais a laissé sceptique (c'est peu dire) les plus avertis et nos partenaires européens.

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09/sa... 

Comme tout sujet sérieux, la monnaie mérite mieux que des gesticulations.

Dans le cas présent, injecter des liquidités dans le système financier a permis aux banques d'assumer leurs engagements et d'éviter ainsi la panique et les retraits irraisonnés des clients.

Précision encore, ces prêts à très court terme ont été remboursés par les établissements de crédit...

19:47 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe

mercredi, 05 septembre 2007

Ciel !

Au XXIe siècle, notre société maîtrise l’aéronautique et explore l’espace.

Les temps héroïques, ceux des pionniers, de Jean Mermoz et Antoine de Saint Exupéry sont révolus depuis longtemps.

De nos jours, les pilotes, dûment formés et diplômés, voguent dans des appareils bardés d’électronique. Dans toute compagnie, des équipes de maintenance dévouées veillent au bon état de la flotte et à la sécurité des passagers.

Et pourtant on néglige trop souvent une question fondamentale : celle de la foi en l’appareil.

Même si les accidents sont rares, qui n’a jamais eu la frousse en avion ?

Pour remédier à cette question, une compagnie aérienne originale a décidé de renouer avec une pratique ancienne, interrompue depuis l’antiquité : le sacrifice.

C’est arrivé sur le tarmac de Katmandou.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/6979292.stm

dimanche, 02 septembre 2007

La peur

Vu une affiche l’autre jour, sur laquelle s’étalait le slogan suivant : Cocu aujourd’hui, Clodo demain, non au mini traité européen.

La formule cogne et se révèle efficace. Aujourd’hui, de même que l’euro rime avec inflation, le bas peuple associe l’Europe au chômage, aux quotas et aux friches industrielles.

Oublie-t-il les fonds d’intervention ? Ne mesure-t-il pas l’avantage de présenter un front uni lors des négociations à l’OMC ? Ne se réjouit-il pas de ce vent de paix qui souffle désormais sur nos plaines ?

L’inventeur de ce slogan balaye d’un geste tous les acquis européens et joue une partition bien connue : celle de la peur.

La peur, le plus puissant des sentiments humains, assure la primauté du réflexe sur la réflexion.

La peur du déclassement et le repli sur soi sont instrumentalisés ici par un groupuscule nationaliste dont le nom m’échappe déjà.

Malheureusement, ce groupuscule n’est pas le seul à y recourir. Notre cher gouvernement ne manque pas de l’exploiter pour assurer sa reconduction au pouvoir.

Le gouvernement s’affiche de plus en plus auprès du peuple comme son dernier rempart et n’hésite pas à proposer de relever les barrières douanières ou à s’opposer bruyamment à l’indépendance de la BCE. C ’est oublier que le protectionnisme mène généralement à la guerre.

S’il paraît plus rentable électoralement d’accabler Bruxelles que de justifier des réformes structurelles, il faudrait toutefois faire preuve d’un peu de courage et refuser d’entonner les refrains populistes.

21:10 Publié dans peur | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Europe

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